Les choses vues au village natal du dalaï-lama

Le petit village montagneux de Hongya est situé dans le district de Ping’an, dans la province du Qinghai. Aux yeux des Chinois et des étrangers, ce village est un endroit mystérieux parce que le XIVe dalaï-lama y est né. Hongya est à plus de 40 km de Xining, capitale du Qinghai, à une heure de route montagneuse. Ce village n’a rien de particulier. Des femmes portent leurs bébés dans leurs bras et bavardent tandis que les personnes âgées prennent le frais sous les arbres devant leurs habitations. Comme les visiteurs nationaux et étrangers, qui n’ont pas la même couleur de peau et ne parlent pas la même langue sont nombreux dans ce village, les habitants d’ici ne sont pas curieux. Ils les regardent de loin. L’ancienne demeure du dalaï-lama, au terrain spacieux, est située au centre du village. Goinbozhaxi, 56 ans, neveu du dalaï-lama, garde la maison. Goinbozhaxi et sa famille sont les seuls parents du dalaï-lama dans le village de Hongya. D’après un fonctionnaire du district, après l’intronisation du 14e dalaï-lama en 1940, on a reconstruit la maison familiale avec les fonds fournis par le gouvernement tibétain d’alors. En 1955, le dalaï-lama a transformé cette maison en « école primaire du dalaï-lama » lorsqu’il est passé dans son village natal pour participer à une réunion à Beijing. Pendant la Révolution culturelle (1966-1976), le nom de cette école est devenu « école primaire de Hongya ». En 1979, le gouvernement local a décidé de rétablir cette construction dans ses fonctions d’origine. En 1987, l’école a été aménagée dans de nouveaux locaux construits au pied de la montagne avec des fonds fournis par le gouvernement provincial du Qinghai et l’on a réparé l’ancienne demeure du dalaï-lama. Il y a un grand moulin à prière dans la chambre où le dalaï-lama est né, a dit Goinbozhaxi. La chambre voisine est celle de Goinbozhaxi. Au mur, une photo de groupe prise lorsque Goinbozhaxi et son épouse ont rendu visite au dalaï-lama à l’étranger en 1993. La salle de la prière se trouve à l’étage du bâtiment de la cour arrière. Une grande photo du dalaï-lama, portant sa signature, repose sur une table. Une statue du Bouddha est flanquée d’une lampe à beurre allumée et d’un bol d’eau pure. Des tankas et photos sont suspendus. Me prosterner front à terre, faire mes prières, changer l’eau et voir à la lampe à beurre dans la salle est ma première occupation du matin. J’y reviens une deuxième fois à 18 h, a dit Goinbozhaxi. Qi Fuquan est le nom han de Goinbozhaxi. Il n’est pas très grand, mais robuste, avec des pommettes saillantes et un visage bronzé. Il est typiquement tibétain. Il est passé par de rudes épreuves. Les rides profondes de sa figure le montrent bien. Quand le dalaï-lama s’est enfui à l’étranger, ma famille a rencontré aussi des problèmes. Mon père est décédé en 1959, l’année où j’ai été admis à l’Institut des nationalités du Qinghai, mais j’ai été obligé de quitter l’école. Dès lors, je suis devenu agriculteur pour 18 ans au village. En 1979, grâce à l’application de mesures politiques, je suis devenu instituteur dans une école primaire, puis directeur. Ma mère a été respectivement membre et vice-présidente du Comité de la Conférence consultative politique du peuple chinois de la province du Qinghai et du district de Ping’an. Elle est décédée en 1994. En 1997, je suis aussi devenu un membre et vice-président du Comité de la province et du district de la CCPPC, a dit Goinbozhaxi. Pourquoi le gouvernement leur donne-t-il de si hautes positions politiques ? C’est qu’ils sont des parents du dalaï-lama et aiment bien la Chine. En parlant de la vie d’aujourd’hui, Goinbozhaxi est tout souriant. « La politique actuelle est bonne, j’ai une vie heureuse », a-t-il dit. Goinbozhaxi a quatre enfants, trois filles et un garçon entre 37 et 30 ans. Ils sont officiers ou fonctionnaires. Depuis 1983, les villageois utilisent l’eau courante. Goinbozhaxi va en ville à motocyclette. Lorsqu’il participe à la réunion au district ou au chef-lieu de la province, il s’y rend en voiture envoyée par le gouvernement local. Sa famille a pris à forfait un peu plus d’un hectare de terre, où elle cultive du blé, du colza, des pommes de terre, des pois, etc. Le salaire mensuel de Goinbozhaxi dépasse 1 400 yuans. Bien que le village de Hongya soit situé dans les montagnes, le commerce est assez développé. On peut y trouver facilement ce dont on a besoin dans les magasins le long de la route. Mes rapports avec le dalaï-lama ne sont pas limités par le gouvernement chinois, a dit Goinbozhaxi. Ces dernières années, ma femme et moi sommes souvent allés voir le dalaï-lama à l’étranger. Il nous était facile d’obtenir un passeport et un visa. À chaque rencontre, nous lui parlons des changements de notre pays. Et chaque fois, il nous dit : «Ne venez plus me voir, j’irai vous voir plus tard». Mais, jusqu’à aujourd’hui, il n’est pas revenu. Presque tous les parents du dalaï-lama qui se sont enfuis à l’étranger avec lui ont rendu visite à leur famille au pays. Le Xe panchen est entré dans son nirvâna (décédé) le 28 janvier 1989. L’Association des Bouddhistes de Chine a invité le dalaï-lama à assister aux cérémonies, mais il a refusé. Dans la chambre où le dalaï-lama est né, le journaliste a demandé à Goinbozhaxi : Croyez-vous que le dalaï-lama reviendra ? Il a répondu : «Je ne sais pas, mais je l’attends, parce qu’ici est son pays natal, et nous sommes ici». Actuellement, le village de Hongya compte 50 foyers, 30 de Tibétains et 20 de Han, soit plus de 230 personnes. Tout le monde s’entend bien, a dit Goinbozhaxi. Un couple tibétain habite tout près de la maison du dalaï-lama, Tang Yonghong et Mu Sanjie (de leur nom han), tous deux âgés de 48 ans. Ils ont un garçon de 24 ans et deux filles. Leur fils est un travailleur migrant, la fille aînée est mariée. La cadette, 19 ans, travaille aux champs depuis la fin de ses études secondaire. La famille possède un hectare de champ à flanc de colline où elle cultive le blé, le colza, la pomme de terre, les pois et les fèves et vend son surplus au marché. À cause des mauvaises conditions climatiques et de l’insuffisance d’eau, ils vivent à la grâce du ciel. Leur revenu est instable. Le prix des marchandises n’est pas élevé, leurs dépenses ne sont pas très grandes, mais il leur arrive de devoir emprunter à la parenté ou demander un crédit au village pour acheter les semences et les engrais chimiques. Ils remboursent rapidement après la récolte. En 1994, ils ont dépensé plus de 1 000 yuans pour construire une maison de 6 pièces. Ils possèdent un téléviseur noir et blanc et un magnétophone. Ils élèvent un cochon et une dizaine de moutons. Bien que leur vie ne soit pas facile, ils sont contents de leur sort. Qi Quanshou, 25 ans, et sa femme, Li Yanxiu, ont un garçon d’un peu plus d’un an. Ils sont de nationalité han. Chez eux, on peut voir une machine à laver, un téléviseur, une grande armoire et des fauteuils. Qi Quanshou cueille principalement les plantes médicinales, comme la sphérie, le carthame tibétain, l’amadouvier. Son revenu annuel peut atteindre 5 000 yuans.

Les villageois nés avant 1960 connaissent bien l’histoire, la politique, la vie actuelle et celle d’autrefois. Les jeunes ont l’œil sur l’avenir. Ils quittent la montagne pendant la morte saison pour gagner leur vie ailleurs.

                                                                                                                                Li RongXia

Le dalaï-lama Le XIVe dalaï-lama (Dainzin Gyamco) était l’une des deux réincarnations de Tsong Khapa, chef de la secte jaune du lamaïsme. En 1940, le dalaï-lama a accepté le titre conféré par le gouvernement national alors. Après la fondation de la République populaire de Chine en 1949, le représentant du gouvernement populaire central et le représentant du gouvernement local du Tibet ont convenu en 1951 un accord au sujet de la libération pacifique du Tibet. Le dalaï-lama a envoyé un télégramme à Mao Zedong, président du gouvernement populaire central, dans lequel il a exprimé son soutien à cet accord. En 1954, le dalaï-lama a participé à la première Assemblée populaire nationale à Beijing, et a été élu vice-président de l’Assemblée populaire nationale. En 1956, le Comité préparatoire de la région autonome du Tibet a été établi, avec le dalaï-lama comme président. En mars 1959, le gouvernement local du Tibet et les éléments réactionnaires des couches supérieures ont causé à Lhassa une rébellion armée, le dalaï-lama s’est enfui hors du pays. Le 14 mai 2002, Kong Quan, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a réaffirmé dans une conférence de presse que le dalaï-lama n’est pas une personne religieuse ordinaire. C’est un homme en exil politique s’affublant du manteau de la religion. Il mène toujours des activités séparatistes à l’étranger afin de miner l’unité de la nation chinoise.

Ce contenu a été publié dans La vérité sur le Tibet. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.