L’avenir de la médecine et de la pharmacologie tibétaines

L’avenir de la médecine et de la pharmacologie tibétaines

 Liu Yongjing

Ces dernières années, la méthode de diagnostic de la médecine tibétaine, l’application de la préparation des médicaments traditionnels tibétains et le succès dans la guérison de certaines maladies complexes et difficiles ont attiré une attention croissante dans le pays comme à l’étranger.

Récemment, j’ai visité l’Hôpital tibétain de la région autonome du Tibet, qui est l’un des cent hôpitaux-pilotes du pays, ce qui m’a permis de découvrir la médecine et la pharmacologie tibétaines prodigieuses.

Le matin, vers 9 h, le docteur Cering Norbu commence sa tournée de routine des malades. Devant le lit d’un patient, il prend un échantillon d’urine, l’observe attentivement, le flaire puis le remue avec un petit bâton. « L’urine de ce malade est de couleur pâle avec des mousses fines, ce qui signifie qu’il a une maladie fébrile », me dit-il. Et d’ajouter : « Son urine ne contient pas de sédiments ni objets flottants, cela montre que sa maladie n’est pas grave. »

Dans la médecine tibétaine, il existe des règles strictes pour prélever l’échantillon d’urine. L’urine de la première moitié de la nuit, qui dépend des aliments, n’a pas de valeur de diagnostic. On en prélève en général dans la deuxième moitié de la nuit ou le matin. Lors du diagnostic, on voit d’abord la couleur, ensuite remue pour observer les mousses, puis on flaire et voit s’il y a des sédiments. Cela diffère beaucoup des analyses de la médecine moderne.

Le diagnostic de l’urine susmentionné fait partie de nombreuses méthodes de diagnostic de la médecine tibétaine. En effet, en ce qui concerne ces méthodes, la médecine tibétaine ressemble à la médecine chinoise traditionnelle. À la clinique des spécialistes, j’ai rencontré Garma Qoipe, qui était le médecin personnel du Xème Panchen Erdini. Il est en train d’examiner un rhumatisant articulaire. Après avoir écouté la présentation du patient, il observe attentivement la pellicule recouvrant sa langue et tâte son pouls. « La médecine tibétaine a trois méthodes de diagnostic : poser des questions, observer les symptômes et prendre le pouls », explique-t-il. « L’observation consiste à observer l’air du visage et la langue du malade. Les questions comprennent la date de maladie et de maux. Cette patiente est une bonne, atteinte de rhumatisme articulaire du fait qu’elle lave souvent des vêtements à l’eau froide. Sa maladie pourrait devenir de l’arthrite rhumatoïde. L’observation de la pellicule recouvrant la langue fait partie du diagnostic. Il faut le faire pour toutes les maladies, parce que cela permet de connaître l’état de l’estomac, ce qui favorise la préparation de médicaments. Pour ce cas rhumatismal, si l’on donne des médicaments sans l’observation de la langue, l’estomac de la malade pourrait être affecté. »

D’une histoire de 2 300 ans, la médecine et la pharmacologie tibétaines font le bilan de l’expérience de la nation tibétaine qui lutte contre la maladie sur le plateau Qinghai-Tibet, à l’altitude la plus haute du monde, absorbent la quintessence de la médecine chinoise traditionnelle et de celle d’autres pays dont l’Inde, le Népal et le Sri Lanka, formant ainsi un système théorique complet.

Zhamdu, directeur de l’hôpital de médecine tibétaine de la région autonome du Tibet, dit :  « On compte des dizaines de milliers de préparations médicales, qui sont généralement des médicaments préparés composés, pas une simple tablette à avaler. Les composants vont de deux ou trois à plus de cent. Le médicament d’un seul élément a des effets thérapeutiques rapides, mais accompagnés d’effets secondaires. La médecine tibétaine accorde donc de l’importance à la préparation composée pour soigner le malade et en même temps diminuer les effets secondaires. Les médicaments de la médecine tibétaine et de la médecine chinoise traditionnelle viennent tous de plantes, d’animaux et de minerais. Certains médicaments ont le même nom, mais la destination thérapeutique est toute différente. Par ailleurs, certaines plantes médicinales ne poussent que sur le plateau du Qinghai-Tibet et sont utilisées uniquement par la médecine tibétaine. »

L’hôpital de médecine tibétaine s’appelait à l’origine Mainzekang, c’est-à-dire Institut du calcul mental de la médecine tibétaine, construit en 1916 et mettant l’accent sur l’enseignement. Né dans une famille de médecins, Zhamdu est entré au Mainzekang à l’âge de 12 ans avec son oncle, pour y faire ses études. Pendant des dizaines d’années, il y est resté pour travailler.

Du Mainzekang à l’hôpital de médecine tibétaine, Zhamdu est le témoin du développement de la médecine et de la pharmacologie tibétaines. L’hôpital, qui n’était qu’un institut de 1 000m²  avec moins de 100 étudiants il y a 40 ans, possède actuellement des bâtiments de 40 000 m², quatorze services cliniques et de recherche, un laboratoire pharmaceutique de médecine tibétaine et un effectif de 450 personnes. Ces dernières années, l’hôpital a développé surtout la consultation pour maladies cardio-vasculaires, la gastro-entérologie et les maladies du foie. Le médicament tibétain a de bons effets thérapeutiques pour la gastrite chronique et la cirrhose hépatique en période initiale. La pilule appelée « perle » à soixante-dix éléments est bien efficace pour les maladies cardio-vasculaires et du système nerveux, surtout pour l’hémiplégie. Après la prise de ce médicament, certains patients qui devaient subir une opération chirurgicale peuvent l’éviter. De nombreux patients des autres régions du pays écrivent à cet hôpital pour demander des médicaments. Des hôpitaux de Chengdu, de Beijing et de Guangzhou lui demandent d’ouvrir des cliniques chez eux, et des étrangers l’invitent à procéder à des échanges scientifiques.

Actuellement, l’hôpital de médecine tibétaine a ouvert un service de consultation à Chengdu. Il a envoyé des représentants dans cinq pays d’Amérique latine répondant à une invitation. Leurs rapports scientifiques ont suscité un large intérêt dans ces pays.

Le directeur Zhamdu accorde une très grande importance au développement de la médecine et de la pharmacologie tibétaines dont la recherche sur la théorie fondamentale et la formation professionnelle. Confiant en l’avenir, Zhamdu note :  «Dans l’ensemble du monde, on attache de plus en plus d’importance à la médecine traditionnelle. L’État tient pleinement compte de la médecine chinoise traditionnelle, y compris les médecines tibétaine, ouïgoure et mongole, et considère la médecine et la pharmacologie tibétaines comme l’un des pôles de croissance de l’économie locale du Tibet. De plus en plus nombreux sont ceux qui s’intéressent à la médecine tibétaine et au développement de la pharmacologie tibétaine, et soutiennent l’étude. Je pense que le XXIème siècle sera une période de grand développement de la médecine traditionnelle, dont la médecine tibétaine. »

Ce contenu a été publié dans La vérité sur le Tibet. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.